Conducteur d'Opérations
au Service des Travaux Publics de Monaco

 

Peux-tu relater ton parcours professionnel, quelques faits marquants, des satisfactions ?

J’ai effectué mon PFE dans une entreprise renommée de construction (GFC Construction, Groupe Bouygues Construction), pendant lequel j’étais à demeure sur un gros chantier de construction/rénovation (Le Grand Hôtel du Cap Ferrat, un Palace hôtelier). J’ai pu participer activement à la vie de chantier. Mais à l’issue du stage et à l’obtention du diplôme, nous étions en pleine crise économique et de l’emploi. N’ayant fait « que » mon PFE chez GFC Construction, mes précédents stages ayant été effectués dans l’entreprise monégasque JB PASTOR & Fils et chez DUMEZ (VINCI Construction) je ne faisais pas partie des heureux élus aux 5 postes que souhaitait créer l’entreprise !

Etant de nature optimiste, je me suis mise à la recherche d’emploi, en Alsace et dans ma région d’origine – la Côte d’Azur. J’ai envoyé de nombreux CV, dans toutes les entreprises de BTP car je voulais poursuivre mon expérience de chantier, mais aussi tenter ma chance dans la Maîtrise d’Ouvrage. En parallèle, j’ai envoyé mon CV au groupement A&I Nice Côte d’Azur. C’est grâce à cette diffusion que j’ai eu un entretien chez QUALICONSULT. J’ai commencé à travailler en Janvier 2010, à la découverte de ce métier que je ne connaissais pas, le Contrôle Technique.

J’ai pu apprendre le métier dans l’entreprise, qui vous fait bénéficier d’un plan de formation. Mais le « tutorat » interne à l’agence est bien trop léger ! Evidemment, chacun s’occupant de ses affaires, on a peu de temps pour vous, jeune ingénieur plein de bonnes volontés. On fait quelques réunions de chantier avec vous, puis on vous envoie au charbon. Des affaires qui démarrent ? La bonne astuce : vous prenez le dossier d’un collègue et vous vous en inspirez !

Après plus de quatre années de bons et loyaux services, j’entends que des postes sont à pourvoir au Service des Travaux Publics à Monaco. L’occasion pour moi de changer de métier, de passer de l’autre côté et devenir le client des projets : le Maître d’Ouvrage, un métier qui m’intéressait déjà lors de mes études. Après quelques années d’expérience, c’est le bon moment pour se valoriser.

Le territoire monégasque est bien connu pour son activité florissante dans le domaine de la construction et ses gros projets : Tour Odéon, Tunnels, Extension en mer, Hôpital, … Par ailleurs, la complexité du site (un territoire de 2 km² presque entièrement occupé, la mer et la montagne) impose des technicités particulières. Me voilà donc responsable des opérations de maintien à niveau et de construction d’une partie du nouvel hôpital.

Comment as-tu vécu, vis tu et vivras tu encore tes relations avec Arts et Industries ?

En tant que Présidente du groupement Côte d’Azur, je n’ai d’autre prétention que de continuer à faire vivre le groupement, assistée de cadres dynamiques en fonction dans le département, afin de proposer aux nombreux membres toutes sortes d’activités afin de se retrouver entre générations pour partager nos expériences. On a toujours quelques bons souvenirs à se raconter, à faire partager, de notre passage à l’école comme de nos relations professionnelles, car nous sommes amenés à travailler ensemble parfois.

Quels conseils considères-tu utiles de donner à un diplômé sortant de notre INSA ?

D’aller toquer à la porte des Anciens, ils sont toujours prêts à aider, conseiller, discuter, partager !

Un ancien reçoit toujours avec plaisir le coup de fil, le mail, d’un jeune qui le sollicite.

Et de participer quand ils le peuvent aux évènements du groupement, on préfère toujours avoir rencontré la personne, discuté avec elle, plutôt que d’avoir à faire à un étudiant que vous n’avez jamais croisé et dont vous n’avez jamais entendu parler, qui vous sollicite juste pour un poste ou un stage.

En fonction de ton expérience, quelles aides, quelles actions à entreprendre, voire quels supports penses tu envisageables de mettre en œuvre pour aider nos jeunes au cours de leur formation tant initiale que continue ?

La relation humaine est la principale source d’enrichissement personnel. Aujourd’hui, les supports numériques et la facilité d’accès à l’information sont un véritable outil, mais ils ne doivent pas être utilisés aux dépens du contact et du relationnel.

Un trombinoscope par région, avec les responsables de groupements, en mettant un visage sur un nom, peut peut-être aider les jeunes qui n’osent pas franchir le pas.

Il faudrait peut-être trouver d’autres activités qui les intéresseraient plus, des apéritifs « afterwork », des sorties découvertes pour ceux qui arrivent d’une autre région. Il faudrait également favoriser les offres de stages, trouver un moyen de les diffuser facilement au sein de l’école pour que les étudiants visualisent les stages qui sont disponibles.

Par ailleurs, je trouve que l’école ne met pas assez en avant ses réussites professionnelles, pourtant, quelques Anciens occupent aujourd’hui des postes à hautes responsabilités…tels que Président de VINCI Construction France, ou encore le Président de LOSINGER-MARAZZI, filiale du Groupe BOUYGUES Construction en Suisse, pour ne citer que des exemples de mon secteur d’activité. Même si la plupart des étudiants n’aspirent pas à une grande carrière professionnelle, leur montrer que l’on peut s’épanouir grâce à l’INSA Strasbourg et Arts & Industries est je pense un élément moteur et une motivation supplémentaire pour s’investir lors de sa vie étudiante et future.

 

Nota de « l’intervieweur » (Jacques PRENVEILLE - M 1962) :

Puissent les étudiants avoir l’occasion de lire ce texte traitant d’une attitude dynamique, volontaire, sereine et qui fait une part à la patience nécessaire pour réaliser un jour ses objectifs professionnels. Merci Alexia.